Chronique par Olivier
Que faut-il faire aujourd'hui pour pouvoir se différentier de la masse? Sortir l'album ultime qui mettra tout le monde d'accord, oui, mais ce n'est pas donné à tout le monde et à défaut d'avoir du talent on essaie de se démarquer d'une autre façon. Alors, pourquoi ne pas essayer de former un groupe atypique, qui n'entre pas dans les normes. Non, je ne suis pas là pour parler de ce groupe de black-metal aborigène qui reprend les classiques de CoF, Dimmu et Emperor au didgeridoo. Je ne parlerai pas non plus de ce combo grind-core péruvien qui a un lama comme chanteur (l'animal, pas Serge !). Apocalyptica? Ca aurait pu être eux, mais là il s'agit de leur compatriote de Cantata Sangui.
Formé en 1997, les finlandais n'ont pas décidé de se faire remarquer en ayant le titre d'album le plus long de l'histoire "On Rituals And Correspondence In Constructed Realities" mais en faisant l'impasse sur les guitares, préférant les substituer avec deux basses. Le projet peut paraître ambitieux pour un premier album mais celui-ci est murement réfléchit et le groupe affiche une énorme maitrise, rien n'a été laissé au hasard.
Passée l'introduction parlée qui n'annonce pas vraiment la couleur de l'album on se retrouve face à "We'll Have It On Us" qui s'avère être un des meilleurs titres de l'album. Surprenant oui, mais le résultat est vraiment au rendez-vous. Les influences sont diverses, on ressent surtout une base gothic mais quelques breaks osent s'aventurer vers le black, mais ce n'est qu'un début car la suite du skeud révélera de nombreuses autres surprises. Les parties vocales d'Anna Pienimäki sont vraiment très bonnes, elle ne force jamais sa voix et reste dans un registre gothic-rock qui correspond parfaitement à la trame sonore. Les morceaux ne sont jamais linéaires et de nombreuses interventions de growls viennent renforcer couplets et refrains. Sur "Broken Stars" le groupe s'aventure dans des contrées folk et là encore le résultat est au rendez-vous. Le groupe va aussi faire un petit vers le doom et des contrées plus dark avec, entre autre, "For The Forgotten One" et son solo interminable de saxophone (au passage, plus que dispensable). On est forcé de constater, que l'on soit adepte de l'instrument ou pas, que les interventions claquantes des basses sont du meilleurs effets.Que ce soit sur "Frutarians", "The Seven Liers-In-Wait" (avec une mention spéciale pour cet excellent titre) ou encore "No Longer In The Eyes Of Aletheia" on en prend vraiment plein la tête et ça claque réellement dans tous les sens. Entre groove et martellage en règle, les 4,5 ou même 12 cordes sont exploitées au maximum et sous toutes les formes. Mais les basses n'inondent pas non plus l'album et elles savent se faire plus discrètent quand nécessaire. Le très doux "Sidecast" en témoigne en préférant mettre en avant des lignes de piano et le très joli chant d'Anna Pienimäki. On retrouve aussi deux morceaux instrumentaux ("Reality" et "De Profundis" qui termine l'album) qui n'apportent vraiment rien à l'album et ressemble plus à du remplissage.
Au final, Cantata Sangui a réussi son pari haut la main et nous propose avec On Rituals And Correspondence In Constructed Realities un album à découvrir absolument.
Titres
01- In Half-Light
02- We'll Have It On Us'
03- Exaltata
04- Broken Stars
05- For The Forgotten One
06- Fruitarians
07- The Seven Liers-In-Wait
08- Reality
09- No Longer In The Eyes Of Aletheia
10- Sidecast
11- Lazarus
12- De Profundis
Discographie
1998 - Demo 1998 (Demo)
1999 - A Brief Essay On Being (Demo)
2001 - Behind The Masks Of Life (Demo)
2006 - Promo 1/2006 (Demo)
2009 - On Rituals And Correspondence In Constructed Realities
Line-Up
Anna Pienimäki - Vocaux
Tuomas Tunturituuli - Basse, Vocaux
Mika A. A. Hyytinen - Basse
Hanna Sirola - Clavers, Sample, Vocaux
Black Bolton - Batterie
Liens