Chronique par Jean-Mimi
On ne peut rêver mieux pour une chronique… voilà ma 1ère réflexion face à l’acquisition de cet EP. En fait ; la raison en est simple : m’étant copieusement fait casser la gueule pendant plus d’une heure devant leur scène, j’en suis encore estomaqué. D’ailleurs, beaucoup (mais alors beaucoup, beaucoup) plus rude en concert que sur skeud, autant être clair ; Gaïa reste l’un des meilleurs « jeunes groupes » que j’ai vu en Live !!!! Sur cet aparté, j’attaque…
Autant vous prévenir l’appellation « Hybrid Fusion » n’a jamais aussi bien portée son nom, car mixer Metal, Rock et Reggae, il faut être méchamment possédé, mais rajouter du Dub, de l’électro, des Samples + un violon… là ? Il faut être carrément givré et pourtant !!!! 1984 déboule bien gentiment, les cordes s’affûtent, l’ambiance se profile, quand soudain un Yôôôô des familles nous rappellent que le voyage sera verbal.
- 6 minutes 30 à grand renfort de diatribes assassines conjuguées au présent du Riff actif déroulent un tapis tribal qui ne demande qu’à s’étoffer en concert (et croyez moi, il s’étoffe).
L’homme Moderne, nous ramène sur un terrain nettement plus sage. Titre idéal pour un passage radio, il navigue sur un océan complexe, mais non dénué d’intérêt. Le violon, les claviers et la voix vont clairement affronter le tempo sur un bidouillage Electro de derrière les fagots et puis… il y a le finish ! En moins de temps qu’il faut pour l’écrire, le Berruyer Band m’embrouille l’esprit est ce voulu ? Je le pense sincèrement, car les 2 actes de P.6.4. sont aussi étranges que réussis. Dans pareil cas, le port du casque devient obligatoire et c’est un autre univers qui s’offre à la réflexion. Le didjeridoo, le violon et les percus apportent immédiatement une autre couleur et tandis que le chant démonte en précision chirurgicale… les cordes se font presque lointaines, puis reviennent sur le devant obligeant J-M à forcer le ton pour mieux retomber en feu d’artifice Electronique. On note même parfois un effet tragicomique, voire endiablé pourvu de Breaks et de rebondissements prenant littéralement l’auditeur à contre-pied. De plus, leurs multiples possibilités résident sur un rythme Basse Batterie « genre pylône imputrescible » d’où viennent se greffer « une à une » les tentacules de l’inspiration. En témoigne, leur clôture par « Système D », qui au fil des écoutes en devient un exemple dès plus singulier avec en bonus : un solo bien cool. Il va sans dire que Gaïa propose quelque chose de nouveau et ce 1er mini skeud pose de belles fondations musicales aux paroles calibrées, filtrées, étudiées, rimées et déversées en flot Ragga ou hurlées en désaccord Hard, parfois Core, mais toujours raccord d’un Rock au système choc atomisant cette petite demi-heure à 100 lieux des sentiers battus.
En effet, les membres n’ont aucune barrière et si un didjéridou caresse les effluves d’un Riff Metal, ne cherchez pas, c’est normal ! Si un violon apaise la fureur pour mieux rebondir sur une basse qui dessoude, c’est toujours normal ! Gaïa ne s’attache pas à un courant précis ou alors ; à celui de l’efficacité. Attention, si tu pénètres leur univers, ils vont s’approprier tes choix, chourer tes MP3, voler tes habitudes et que sais-je… gauler ton espace. Mieux qu’un casse auditif, un hold-up neuronal !
Titres
01- 1984
02- L'homme Moderne
03- P.6.4 Partie I
04- P.6.4 Partie II
05- Systeme D
Discographie
2009 - Hybrid Fusion (EP)
Line-Up
JM - Vocaux, Djembe, Didjeridoo
Mat - Guitare, Machines
Guetch - Basse, Didjeridoo
Marion - Violon
Herve - Batterie
Liens