Chronique par Jean-Mimi
Toulouse, bon sang... quelle belle ville ! Qui n'a pas chanté ses louanges ??? Hein ? Même les Stranglers c'est dire. Ok, nous pourrions épiloguer en rose et noir sur les atouts d'une citée bénéfique, mais nous préférons étudier le cas de sa descendance. Si géographiquement le choix peut en surprendre plus d'un, au QG du Grigri : il s'est imposé de lui même. En fait, la raison se veut limpide, car si la muse s'amuse à aiguiser moult troublions chatouilleurs de cordes, elle a cette fois accoucher d'un Mutant !
Soyons clair : DVC nous expédie 11 titres d'une justesse écorchée. Certes, j'ai bien dû user le disque en répétition exagéré en bouclant (je l'avoue) sur 4 morceaux aussi surprenants que profonds. Cependant, sa couleur est difficilement explicable :
a) si le Post-Hardcore s'intègre en mouvement chaotique sur des nappes Cold, la révolution Rock aux accents Stoner souffle un relent d'énergie. De ce fait, l'aspect s'avère parfois déstructuré, mais jamais atone.
b) Le chant est soutenu d'une émotion poignante, celle-ci temporise tellement les mouvements, que son intégration ce fait au même type qu'un instrument.
FLOWER - POWER ?
J'en doute, car dès l'intro le groupe impose sa loi : elle sera sans concession, lourde et puissante. Passant d'un << Suns as a gift... >> préparatoire, au choc thermique << I am the one to be struck down >> : c'est un peu comme descendre un gallon de Jack Daniel's sans respirer, certes la tête te tourne, mais il faut bien ça pour affronter la suite !
- Sands in the hollow of our hands lâche la vitesse pour mieux rebondir en intensité, attention changement de rythme et cordes affutées sont au menu, donc ; échauffement obligatoire.
- Alone ; à l'image de son démarrage Dead Kennedien se veut aussi maitrisé qu'imprévisible. C'est bien simple, quand à 45 secondes la première déferlante de cordes se pointent, elles te happent pour t'engloutir de réflexions sonores. Puis, voguant sur 2 minutes, une seconde salve revient pour l'absolution. Alone est de mon humble avis << LE >> titre phare de l'album, super bien joué, bien fait et au casque dévastateur !
BUCK ON PHONE !
Après cette explication psychédélique (qui m'a quand même vachement piqué les yeux)... Spit your venom and swallow your disdain back reprend le gouvernail pour une tourmente hautement corrosive. Tous les voyants sont dans le rouge, les voix se muent << parfois, violentes, lacérées ou en échos >>, les cordes n'en finissent plus d'être au taquet, le travail de Mathias apporte une dynamique explosive et là encore, on ne peut que ployer sous cette force abrasive ! Néanmoins, ne croyez pas que cet album n'est qu'une masse brutale, car non 100 fois non, il ne l'est pas :
D'une) Ce Skeud possède une véritable âme musicale et si sa structure oscille entre << farouche beauté & carton plein >>, ce n'est que pour mieux transporter l'auditeur.
Deux) Il y a également une ambiance propre, un leitmotiv et de nombreux rebondissement. Des titres comme I am the One, Becoming Stale, Alone ou le tubesque The Walk proposent diverses alternatives, mais qu'un seul visage : celui d'un ogre... car tu ne sais pas à quelle sauce tu vas être mangé, la seule chose que tu sais : c'est que tu vas te faire manger !
Bilan des courses ; avec un disque de cette valeur, les DVC ne peuvent se fermer de l'intérieur... au contraire, c'est le genre de groupe qu'il faut absolument découvrir en live, hé hé j'imagine que la claque doit être en proportion de ses 11 doigts !
Titres
01- One million degrees
02- Sun as a gift, storm as a punishment
03- I am the one to be struck down
04- Sands in the hollow of our hands
05- Alone
06- Buk on phone
07- Spit your venom and swallow your disdain back
08- Choose
09- The water's noise on the window
10- Becoming stale
11- The Walk
Discographie
2008 - Demo CD (Démo)
2009 - Flowers
Line-Up
Thomas - Vocals
Guillaume - Guitare
Adrien - Guitare
Mathias - Batterie
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