ERYN NON DAE – Hydra Lernaïa ERYN NON DAE
Hydra Lernaïa

Label : Metal Blade Records
Nombre de titres : 9
Durée : 55:09 minutes
Pays : France

Chronique par Jean-Mimi

Décidément, ce n'est pas une légende : les musiciens Toulousains sont tous possédés ! Et j'ai bien l'impression que les ptits gars d' Eryn Non Dae le sont encore plus que les autres... Bon déjà, accrocher un thème ou un style sans résumer atrocement une telle entité s'avère impossible. On essaye, ça et là de trouver une once de similitude avec Rorcal, Neurosis ou le génie Chaosphérique Meshuggien ? Et puis non, on réécoute en se disant que non, l'identité du groupe se veut scellée dans leur propre structure, dans leur propre exutoire et surtout dans l'interprétation de chaque morceau comme s'il devait être le dernier ! C'est bien simple, l'auditeur se voit constamment pris à contre pied, puis malmené, tabassé et au finish essoré. Mais le plus étrange réside dans la fonction première d'Hydra Lernaïa, car outre le fait d'être immédiatement envahi par un flot d'émotions ; le spectateur se sent aussi bien dérouillé que conquis. Vous l'avez capté, plusieurs têtes vont être nécessaires pour appréhender la bête.

Tu coupes et je cautérise !

L'album démarre par une complainte et soudain, c'est l'hallali ! When Time Elapses démonte d'un bloc... les Kamikazes (comme Bibi) qui attaquent directos au casque doivent prévoir des Pampers, car les 2 premières minutes sont d'une intensité à dérider un Shar-Peï centenaire. Vous voilà prévenu, de plus ; le titre n'hésite jamais à prendre des chemins tortueux et si les riffs ne flirtaient pas avec les breaks et autres variations rythmiques, je pense qu'une de mes oreilles serait tombée. Cet énorme morceau s'étend sur 7 minutes, vous avez bien lu "7 minutes" dans les affres de l'angoisse avec comme principal repère une violence fractionnée en voix furieuses, chuchotées, ou rageantes. Inutile de préciser que ça ventile à tous les étages et sur le deuxième tiers ; on entendrait presque les doigts de Mickael saigner. N'ayons pas peur des mots, ce premier parpaing est un vrai coup de mailloche. Pourtant, Blistering Hate relance la machine en apportant une touche Metal, les coups de double sont Gojiresques et ouf... les doigts de Michael se portent à merveille. Tant mieux ou tant pis ; Existence Asleep fait carrément peur (à éviter les soirs d'orage) et si la puissance technique de la basse est encore une fois à saluer, l'ensemble se soude d'un bloc : riffs pénétrants, chant époustouflant et partie rythmique au delà du déraisonnable (mon préféré de l'album).

This Is The END.

A force de vivre à la limite de l'imaginable, ce qui devait arriver... arriva ; The Decline and the Fall nous replonge au fond du gouffre. La détresse de ce morceau est phobiquement palpable, alors est-ce dû à sa latitude quasi doom ? A la noirceur ambiante ? A son couplet "claque dans la tronche" ou au chant de Mathieu qui nous renvoie à réviser les psaumes ? Mouais... sans doute un peu de tout ça, car j'en suis sorti complètement démoraliser. Fort heureusement le magnifique travail batterie de Julien m'incite à tenir bon, allez j'enfile ma combinaison Anti-Tchernobyl et j'y retourne. Descendant les parois abruptes d'un paysage Gigerien, je me retrouve visitant une cité oubliée, vestige de notre civilisation << Lam Tsol Oua >> me dirige vers le néant et ce n'est qu'arriver au bout du tunnel que << Through Dark Skies >> me redonne espoir à grand renfort de cordes combatives, mais... il le reprend aussi sec ! Titre idéal pour introniser << Opposites From Within >>, je n'ai pu m'empêcher d'imaginer qu'Hydra s'installe au fil des écoutes en concept album. Cette sensation perdure sous les frappes chirurgicales d'un << Echoes of Distress >> me rappelant le démarrage en trombe de ce skeud. Hyper brutal, il conjugue furie Punk, Post HardCore et Metal, certes ce n'est pas le plus simple à digérer et pour cause :
- a) Juste avant d'être agrippé à la glotte, son début lancinant intrigue.
- b) La fureur de certains passages se mue parfaitement en mélodies inédites (comme les ingénieux passages à 2 minutes 30 - 3,20 ou le finish par exemple), alors que d'autres déstabiliseraient le plus féru d'ambiances tarabiscotées.
- c) La puissance ; basse-batterie bien sur, mais pas seulement, il s'agit d'un état général foudroyant l'auditeur. En live, ce titre doit être phénoménal !

La clôture se fera par << Pure >> et sans déstructurer l'ensemble, cette ultime offrande demeure atypique. Nettement plus pesante, elle instaure la volonté d'envouter tout en embarquant l'auditeur en de multiples contrastes. De par son esprit, ce dernier morceau va rapidement glisser dans mes passages préférés de l'album. Un album... que je qualifierai, d'ultra riche, varié à souhait et mixé par un dément. Bilan des courses, cet opus m'a tétanisé, je n'ai rien pu écouter d'autre pendant des jours. D'ailleurs quand Frank me l'a envoyé, je lui ai précisé qu'il allait tourner en boucle. Le fait est... qu'il a bien plus que tourné ! Et si j'ai fini occis, il ne faut pas se tromper : les gaillards ont dû suer sang et eau pour réaliser un monstre d'un tel niveau. Force de reconnaître, qu'un Mutant d'une telle profondeur ne peut avoir qu'un seul corps, soit << authentiquement massif >>, mais surplombé par 5 visages, car Intense, puissant, Hypnotique, Radical et complètement barré. Si Hydra Lernaïa ne s'approche pas de la classe, ça lui ressemble énormément, chapeau bas !

Titres

01- When Time elapses
02- Blistering Hate
03- Existence Asleep
04- The Decline and the Fall
05- Lam Tsol Oua
06- Through dark Skies
07- Opposites from Within
08- Echoes of Distress
09- Pure

Discographie

2005 - The Never Ending Whirl of Confusion (Démo)
2009 - Hydra Lernaia

Line-Up

Mathieu - Vocaux
Franck- Guitare
Yann - Guitare
Mika - Basse
Julien - Batterie

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