PANTERA – Cowboys from Hell PANTERA
Cowboys from Hell

Label : Atlantic Records
Nombre de titres : 12
Durée : 57:41 minutes
Pays : USA

Chronique par Olivier

Metal Magic en 1983, Projects in the Jungle en 1984, I Am the Night en 1985 et Power Metal en 1988, ces quatre albums (via le label Metal Magic Records) ne vous disent certainement rien car vous pensez que Pantera a vu le jour en 1990 avec Cowboys from Hell. Ce n'est pas faux si on considère qu'avant 1990 ils trainaient leurs tenues de lumière dans un registre glam-rock que même le groupe préfère passer sous silence. Power Metal en 1988, avec l'intégration de Phil Anselmo en temps que chanteur, montrait déjà une envie de sortir du bling-bling metal pour s'aventurer dans des contrées plus heavy. Donc, oui, c'est bien avec Cowboys From Hell que les choses sérieuses débutent. Pantera vient de trouver une identité très forte, ses riffs, l'ensemble est ultra massif. Fort d'un quatuor en acier trempé composé des frères Abbott, Dimebag Darrell à la guitare et Vinnie Paul à la batterie, de Rex Brown à la basse et de Phil Anselmo au micro.

Qu'est-ce que c'est, du thrash? du power? du heavy? le terme metalcore n'existe pas encore et on est bien embêté pour mettre une étiquette sur cet album magique. Le nom est tombé, ce sera du Groove metal. En tout cas tout le monde est d'accord pour dire que cette découverte a été une réelle claque.

Cowboys From Hell for Life!

"Cowboys From Hell" ouvre l'album et donne tout de suite le ton à l'album. L'énergie est débordante et se traduit par la puissance du thrash mixé avec du bon vieux heavy groovy. Mené par un riff principal de tueur et le son de guitare unique de Dimebag Darrell ce titre marquera toute un génération. La technique est au rendez-vous et Phil Anselmo est le chanteur de la situation, il opère dans un registre majoritairement heavy avec une petite pointe core. "Primal Concrete Sledge" est le morceau le plus court, la double pédale est permanente, la rythmique est massive, lourde et sombre et mister Anselmo accélère son phrasé pour suivre la cadence. Sur "Psycho Holiday", Phil s'autorise quelques notes aigues parfaitement gérées (dans un registre à la Rob Halford), la rythmique est toujours autant massive et le solo exécuté par Dimebag est délicieux. On a aussi l'occasion de profiter du son bien rond de la basse de Rex Brown qui envoi des lignes bien groovy. "Heresy" est tout autant rageur et ravageur. "Cemetery Gates", 7 minutes de pur bonheur pour une ballade metal à aussi bien vous faire chialer que vous donner la chair de poule. Mélodies mélancoliques, leads aériens prenants, et la rythmique se durcit quelques instants, tout est parfait sur ce titre, les vocaux sont variés et prouve qu'Anselmo sait aussi poser son chant. Les variations de tempo nous font passer de la tristesse à la colère et on se fait littéralement hypnotiser par un solo exceptionnel. En 7 minutes Pantera prouve qu'il joue maintenant dans la cour des grands et ce titre marquera à jamais l'histoire du groupe. Retour de la puissance avec "Domination", un riff agressif qui déboulonne tout sur son passage, encore un titre marquant qui a donné le tournis à beaucoup d'entre nous. Quant au solo je vous laisse deviner: énorme une fois de plus! On ajoute à ça un passage mid-tempo lourd qui vous plaque au sol alors que Dimebag affole ses cordes et on obtient encore un moment très fort de ce skeud.

Avec "Shattered" le groupe se veut plus heavy avec un riff qui tournoi et on aurait presque l'impression d'écouter un Judas Priest thrashy sur les premières secondes tant Phil Anselmo monte dans les aigues. Et je vais me répéter mais chaque intervention de Dimebag est destructrice que ce soit via des riffs assassins ou des solos de très haut niveau. Les titres s'enchainent et à aucun moment le groupe ne s'essouffle. L'intensité est permanente, le groove s'exprime de différentes façon: direct sur "Clash With Reality", de façon plus sombre et lourde sur "Medicine Man" et "Message in Blood". "The Sleep" nous refait le coup de la power-balade le temps de l'introduction pour ensuite nous envoyé une rythmique oppressante, le mid-tempo pesant laissant sa place à un break acoustique et un solo mélodique pour encore un titre qui à sa propre personnalité. On termine le skeud avec "Art of Shredding", rahhhh! Ce son de basse, ses riffs qui accrochent, de nouveau un titre incontournable qui s'emballe au bout de quelques secondes pour repartir dans un power-thrash d'une efficacité redoutable aux accélérations dévastatrices.

Vulgar Display of Power en 1992 enfoncera le clou et les 3 albums qui suivront ne seront pas en reste (Far Beyond Driven en 1994, The Great Southern Trendkill en 1996 et Reinventing the Steel en 2000). Le groupe se sépare officiellement en 2003 et c'est le 8 décembre 2004 que le monde du metal perd un des plus talentueux guitaristes. Au tout début d'un concert privé de Damageplan à la villa Alrosa à Columbus dans l'Ohio, Nathan Gale, monte sur scène, tire et tue Dimebag. En quelques secondes le monde du metal devient orphelin d'un des meilleur shredder de la planète.

Voilà, Pantera est devenu un phénomène, un groupe incontournable et Cowboys From Hell une référence!

Titres

01- Cowboys From Hell
02- Primal Concrete Sledge
03- Psycho Holiday
04- Heresy
05- Cemetery Gates
06- Domination
07- Shattered
08- Clash With Reality
09- Medicine Man
10- Message in Blood
11- The Sleep
12- Art of Shredding

Discographie

1983 - Metal Magic
1984 - Projects in the Jungle
1985 - I Am the Night
1988 - Power Metal
1990 - Cowboys from Hell
1992 - Vulgar Display of Power
1994 - Far Beyond Driven
1996 - The Great Southern Trendkill
1996 - Official Live: 101 Proof (Live)
2000 - Reinventing the Steel
2003 - Reinventing Hell: The Best Of Pantera (Best of)

Line-Up

Phil Anselmo - Vocaux
Dimebag Darrell - Guitare
Rex Brown - Basse
Vinnie Paul - Batterie


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