TORMENTA – La ligne Âpre TORMENTA
La ligne Âpre

Label : African Tape/Mandaï Distribution
Nombre de titres : 7
Durée : 33:33 minutes
Pays : France

Chronique par Olivier

La Ligne Âpre est le premier album de Tormenta et fait suite à un premier EP éponyme qui n'était pas passé inaperçu du côté du Chant du Grillon. Entre temps le trio d'origine est devenu duo avec Vincent Beysselance à la batterie et Jeff Grimal à la guitare.

Au programme de ce premier album 7 titres pour 33 minutes 33 (ils ne sont pas originaires de Gironde pour rien!) qui naviguent entre sphères metal, rock, noise et progressive. "Pagan" permet au groupe de se dégourdir les doigts avec un premier titre direct avec des plans rageurs qui se succèdent alors que "L'Arche Interne" fait preuve de beaucoup plus d'alternances. Les plans cartons sont toujours de la partie mais on tombe aussi sur certaines séquences aériennes ou encore d'autres un peu plus complexes aux structures alambiquées. Toujours dans un souci de cohérence le duo a le bon goût de ne jamais nous perdre dans des méandres trop expérimentaux et les différents enchainements se font naturellement. La guitare prend de nombreuses colorations allant de l'énervement pur à la délicatesse à fleur de peau et à chaque fois ça fait mouche. La batterie prend aussi de nombreux visages. Celle-ci varie les rythmes et les tonalités en permanence jusqu’à se transformer en percussion pour nous envoyer sur des sentiers tribaux. Le travail de Vincent Beysselance derrière les fûts est remarquable mais son boulot ne s'arrête pas là et il nous gratifie aussi de quelques lignes de violoncelle qui ne passent pas inaperçues (on en reparlera…).

On navigue au cœur des 7 titres en faisant différentes rencontres autant inattendues que plaisantes. Entre "Felure" qui s'avère être très puissant, "La Sensation du Membre Fantôme" qui présente des lignes jazzy pas forcément aisées à appréhender mais qui finalement s'avèrent digestes et "La ligne Âpre" qui joue avec des ambiances sombres et des changements de rythme, le metal-rock-progressif aux nombreuses facettes fusionne de toutes part et s'expriment pleinement. On ressent une complémentarité vraiment très forte entre les deux compères qui jonglent en permanence avec la poudre et la plume. "Rituels et Décadence" montre tout autant de variations que les premiers titres et le dernier morceau "Ubris", qui est le plus long de l'album, montre une fois de plus toute la maitrise de nos deux funambules. Ce titre est complètement débridé, vacillant entre rythmique lourde, leads déglingués ou aiguisés et notes délicates, la guitare est toujours très à son aise. Et derrière, le côté fusionnel est toujours autant présent avec une batterie qui n'est jamais en reste. On ajoute à cela un passage au violoncelle et on obtient l'ultime piste (dans tous les sens du terme) de ce skeud. L'enregistrement et le mix ont été effectués par Tormenta avec l'aide de Mathieu Pascal (Gorod) et on ne peut pas passer sous silence la participation d'Esteban Rodière qui vient seconder le duo aux guitares et basse.

En résumé, si vous avez envie d'écouter quelque chose de nouveau et de faire un voyage inhabituel alors La ligne Âpre s'avère être un choix des plus judicieux

Autre chronique


Titres

01- Pagan
02- L'Arche Interne
03- Felure
04- La Sensation du Membre Fantôme
05- La ligne Âpre
06- Rituels et Décadence
07- Ubris

Discographie

2008 - Tormenta (EP)
2011 - La ligne Âpre

Line-Up

Jeff Grimal - Guitare
Vincent Beysselance - Batterie, Basse, Violoncelle
Esteban Rodière - Guitare, Basse (session)

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