PAREO MORTUUS – Day One, Death Created PAREO MORTUUS
Day One, Death Created

Label : Autoproduit
Nombre de titres : 5
Durée : 19:24 minutes
Pays : France

Chronique par Jérôme

En ce pluvieux mois d'avril 2005, me voilà parti sur les routes à l'Est de nos contrées en compagnie de mon daron. Plusieurs pensées se bousculent dans mon esprit déjà préoccupé. On va voir une partie de la famille : ceux que l'on voit rarement, les natifs originels, qui sont restés aux sources de la lignée. Au passage, un petit crochet par Lunéville, pour y récupérer mon nouvel ampli basse : un Warwick putain ! Enfin un vrai ampli de métalleux. Lunéville... c'est un peu le Saumur de l'Est. La renommée de son camp de cavalerie, son château... Tout y paraît bien rangé, propre. "Connaissez-vous Saumur ?" me trotte dans la tête. Allez savoir pourquoi ? Et là, je retrouve mon acolyte bassiste, pourvoyeur de gros son. Je suis un peu surpris au premier abord : un petit nerveux, avec sa sombre chevelure, tout en noir. J'imaginais un jeunot, limite ado, qui se serait essayé à la basse, en s'achetant derechef tout le matos d'un zicos expérimenté, pour finir par tout brader au bout de quelques mois. Non. Rien de tout ça. Ôgrim n'a rien du jeune loup insouciant. Il est au contraire bien présent. Hic et nunc. Il est même tranchant dans ce bar au décor surfait, avec ses odeurs de bière rance et de tabac froid. Parce qu'Ôgrim, il est rempli d'une colère sourde, contenue. Mais bien perceptible si l'on est un tant soit peu sensible à l'Autre. Quel décalage entre la triste complaisance de cette ville et l'énergique (et sombre) puissance que l'on devine chez mon hôte. Après quelques échanges de civilités (oui ! ça existe aussi chez les métalleux) et le partage d'un verre de l'amitié, nous nous rendons au repère local de la Faucheuse. Derrière le vernis, Lunéville n'est guère reluisante. Une bourgade en pleine décadence depuis... la mort de Stanislas ! Merde, ça date maintenant. C'est dans ce contexte qu'Ôgrim me confiera cette démo, après m'avoir fait baver devant sa Warlock ^^ Le temps de me confier l'ampli dont il se sépare par nécessité plus que par envie, et le voilà reparti au travail. Ou plutôt à sa besogne. Car la grande distribution, c'est la servitude moderne. Tu m'étonnes qu'il ait la rancœur chevillée au corps... Bye l'ami. Et continue à chevaucher la funeste libératrice, plutôt que de la subir. "Mieux vaut régner en Enfer, que servir au Paradis", dixit Spi d'OTH. Et il a bien raison le bougre. Hop, dans la voiture. Et direct j'enfile le CD dans le lecteur. Impossible de différer l'écoute d'une nouvelle galette. Encore moins quand c'est un membre du combo himself qui me l'a procurée ! Tant pis pour mon père. Sûr que ça va lui changer de son Cavagnolo. Le pauvre...
On démarre par une intro plutôt Doom. Et le premier cri. Celui qui préfigure toute la suite. Clair qu'il porte sa haine à fleur de peau, notre ôgre de nouvel ami. Son chant est guttural. Normal, c'est du Black Metal teinté de Death. La rythmique oscille entre marche funèbre et messe obscurantiste. Pas de place pour les profanes. Mon père est livide. Lui qui a fait le conservatoire de Nancy pendant son service militaire, section trompette ! On enchaine sur le deuxième morceau : la cavalcade, façon armée des ténèbres, débarque dans ma pauvre caisse. Des riffs thrash portés par une batterie épileptique pendant près de 3 minutes, et un solo d'hérétique de Bulvail pour parachever le tout.
Et toujours cette voix d'outre tombe qu'Ôgrim nuance parfois façon Black pour appuyer certains passages. Retour au calme (très relatif, of course) avec le troisième verset de cet évangile païen. Encore une intro Doom, mais on bascule vite sur un bon tempo Black Metal, sombre et inquiétant. Dommage que la créativité, suggérée ici et là, soit bridée par une technique encore en éveil. Mais le potentiel est là. Pas de doute. Puis c'est "Ancestral Putrefying Blood" qui passe à l'abordage de l'oreille externe, pour s'insinuer jusqu'au tympan avec son atmosphère épique. C'est le titre le plus long. Plus du tiers de cette maléfique offrande. Son break est convainquant. Oui, Convainquant ! C'est le mot qui me vient. Ce qui me vient ensuite, c'est "Bestial Devastation". Ni plus ni moins. Bon ok, c'est pas Igor derrière les fûts. Mais quand même. Et la dernière baffe de cet opus vient confirmer tout cela, comme une suite logique du titre précédent : un Black Metal délié et inspiré, au bon goût de cérémonie ésotérique. Ah ! Ben ça fait du bien, après plusieurs heures de route, et avant d'aller se confronter à des proches pas vraiment proches. Et puis cette toute nouvelle rubrique pour lCdG, qui propose de partager nos démos avec l'ensemble de la famille Metal de la toile, était l'occasion idéale de me remémorer cette sympathique rencontre avec Ôgrim. Voilà, c'était la petite chronique d'une rencontre (plutôt que d'un simple CD) comme on n'en fait que trop rarement dans l'existence : ponctuelle, surprenante et intense. Longue vie à cette douce 'Obéissance à la Mort'. Car comme le dit l'arabe fou "N'est pas mort ce qui à jamais dort, et au cours des siècles peut mourir même la Mort". D'ailleurs, le premier album "Biaeothanatus" fraichement édité, malgré d'innombrables complications, démontre toute la ténacité et la qualité de ces dignes représentants du French Metal. Mais là, c'est une autre histoire !
P.S.: parler de la mort sans faire référence à HPL, c'eut été un parjure pour moi ! Faudra vous y faire lol

Autre chronique


Titres

01- Revenge From Possession
02- Savant Massacre
03- Knight Of Pain
04- Ancestral Putrefying Blood
05- Warriors People Northern Darkness

Discographie

2004 - Day One, Death Created
2005 - Obey To Death And Die
2008 - Biaeothanatus

Line-Up

Ôgrim - Vocaux, Basse
Bulvail - Guitare
Asmyrdhen - Batterie

Liens