Chronique par Jérôme
Contrairement au film de James Cameron, cet Abysse là ne vous entrainera pas dans des profondeurs insondables et oppressantes. Avec ce combo de Cholet, on explore ici l'univers du métal ambiant et instrumental. Pas de chant donc et, contrairement à ce que l'on pourrait craindre, l'absence de vocaux n'est pas synonyme d'ennui. Abysse ne tombe pas non plus dans le piège du tout mélodique hyper technique qui, à la longue, pourrait justement devenir ennuyeux à souhait. Non, rien de tout cela avec ces gaillards mélomanes !
'Déviance' démarre sur une guitare aux sonorités orientales. Entrée en douceur, comme sur la pointe des pieds. Mais en moins d'une minute (sur les onze du morceau), la rythmique vient nous rappeler qu'Abysse ne fait pas dans la musique Berbère. Si vous voulez apprendre à danser le Schichatt (bien jolie danse par ailleurs), il faudra trouver une autre solution ! Le riff de départ continue tout au long du titre, tel un fil d'Ariane, pour nous guider au fure et à mesure des différents breaks heavy et des envolées lyriques qui le rythment. La montée en puissance est progressive et habilement amenée. Il faut dire que la prod' est parfaite et donne un sentiment de fluidité absolue. Le final est à l'opposé du démarrage : tout en énergie, même si c'est une énergie contenue et maitrisée.
En fait, 'Déviance' pourrait durer dix minutes de plus que ça ne gâterait rien ! Car les onze minutes défilent sans que l'on ne s'en rende compte. On en redemande ! Et ça tombe bien, puisqu'il y a un deuxième morceau (héhé).
'One Last Breath' décolle lui aussi en douceur, et il faut attendre pas moins de deux minutes pour entrer dans le vif du sujet. Oh, ne vous inquiétez pas, ces deux minutes vous paraitront beaucoup moins, une fois encore, car la progression du tempo est là aussi très fluide et naturelle. Deux minutes plus tard, une seconde accélération, plus franche et plus massive, donne l'impression d'un bouquet final. Mais que nenni, on n'est qu'à la mi-temps du morceau ! Maniant aussi bien la force que la douceur et la volupté, Abysse reprend son souffle, et nous avec. Les cinq minutes suivantes sont touchées par la maturité musicale de nos hôtes. Chaque musicien a alors l'occasion de nous montrer sa qualité intrinsèque : les guitaristes, bien sûr, grâce à des soli inspirés, mais aussi la section rythmique, irréprochable, en particulier lors des différentes transitions.
Pour conclure, Abysse a la grande classe ! L'inspiration, le son, la cohésion, un entourage que l'on imagine dévoué et de bons conseils. Car du design jusqu'aux choix des studios, rien n'est laissé au hasard.
Alors un petit défaut quand même ? Ben non, juste un bémol : la crainte que ce combo au talent étincelant ne bénéficie jamais du soutien inconditionnel d'un quelconque label. Pourquoi ? Et bien parce que les groupes instrumentaux font partie de ce que les pros du marketing appellent une 'niche' dans le marché musical. Le risque est donc qu'Abysse ne soit jamais considéré comme un groupe avec un réel potentiel populaire, donc non rentable.
Quelles solutions ? Trouver un chanteur et devenir un 'Opeth' français ? Pourquoi pas, ils en ont les capacités. Persévérer coute que coute dans le sillon qu'ils ont commencé à creuser ? Oui ! Car il ne dépend que du public de faire changer l'avis des professionnels en faisant la promotion de ce type de groupes.
Alors, et j'en finirai là-dessus, si vous avez l'occasion d'allez voir Abysse en concert, allez-y ! Et commencez par visiter leur MySpace, vous comprendez pourquoi.
Titres
01- Déviance
02- One Last Breath
Discographie
2006 - Eight Hours Before Dawn (Démo)
2007 - De Profondeur En Immersion (Démo)
2008 - Le vide est forme (Démo)
Line-Up
Barbaud Vincent - Guitare
Véron Geoffrey - Guitare
Cas Jérémy - Basse
Pineau Sébastien - Batterie
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