Interview d'Audrey de DIARY OF DESTRUCTION

Réalisée le 16/11/2010 par Olivier


Bonjour Audrey, merci de prendre de ton temps pour répondre à mes questions. On attaque directement avec un classique du genre: peux-tu nous présenter Diary of Destruction?
Alors Diary of Destruction est un tout jeune groupe Français, de Lille plus exactement. Nous faisons du Métal Mélodique (à chant féminin). Anthony, Bérengère et moi sommes les créateurs du groupe, qui est né en fin d'année 2007. Au départ nous faisions du métal mélodique plutôt lyrique voir symphonique. Il y a toujours eu cette envie de mêler puissance et douceur à travers notre musique. Nous avons recruté un batteur et une clavieriste, puis nous avons donné notre tout premier concert le 12 avril 2008. Nous en gardons d'ailleurs un super souvenir. Nous avons enregistré une démo 3 titres qui est sortie le 1er Janvier 2009, et qui fut très bien accueillie par le public et la critique. Puis nous nous sommes rapidement penché sur la composition de notre EP. Il y a eu quelques changements de line-up car l'évolution de notre musique ne correspondait pas toujours aux attentes de tous, ceci nous a un peu ralentit, mais nous a aussi permis de nous recentrer sur notre musique. Au bout de 2 ans, nous nous sommes séparé du clavier au sein du groupe. Nous avons finalement décidé de supprimer ce côté symphonique de notre musique afin de l'endurcir tout en gardant la douceur du chant auxquelles viennent s'additionner quelques grunts et growls, une batterie plus percutante qu'auparavant (qui est d'ailleurs tenue par Johan Debacq qui nous a rejoint il y a bientôt 1 an maintenant), efficace et variée qui laissent présager un album plein de surprises :)

Avez-vous des expériences passées en matière de groupe? Et peux-tu nous présenter Johan qui est le "petit dernier", comment s'est fait son intégration?
J'ai eu 3 groupes avant DoD, un petit groupe de heavy qui n'a pas duré bien longtemps, c'était mon premier groupe, j'avais 16 ans. Puis un groupe de Métal Symphonique nommé Insane Symphony mais qui a survécu quelques mois seulement, les membres n'étaient pas assez sérieux et motivés pour que ça marche. Puis un groupe de Métal progressif nommé Earth Mine, et qui a splitté quelques mois après mon départ il me semble. Bérengère et Anthony on joué dans un groupe de reprises pendant 1 an, puis ils ont crée un groupe de métalcore, ça a duré 1 an aussi environ. Puis il m'ont recruté, et par la suite, Diary of Destruction est né. Johan a jouer dans pas mal de groupes. Pour n'en citer que deux, il y eût un groupe de punk rock durant quelques mois, puis un groupe de power metal, et ensuite il a intégré DoD en Janvier 2010. Pour intégrer Johan, afin de préparer l'enregistrement, le groupe a multiplié les répétitions et les écoutes des titres en compagnie de Johan afin de lui permettre d'intégrer et de s'approprier les titres. Nous avons nous même modifié certaines parties afin de mieux coller à cette nouvelle dynamique et créer ainsi une osmose entre les membres. Nous avons ensuite fait plusieurs concerts au printemps afin de tester cette nouvelle version de DoD. Satisfaits du résultat, nous sommes entrés en juillet en studio afin de réaliser notre premier EP " Outside the shade " qui est d'ailleurs sortit le 2 novembre 2010.

Ton chant est particulièrement juste et apporte toute sa dimension mélodique aux compositions, quelles ont été les étapes pour arriver à un tel niveau?
J'ai débuté le chant lorsque j'avais 15 ans, en autodidacte. J'ai commencé lorsque j'ai découvert des groupes comme Within Temptation, Nigthwish, Evanescence, Tristania, The Birthday Massacre...Depuis mes goûts ont beaucoup changés, mais ces groupes restent un peu mes " premiers amours ". A 18 ans, j'ai pris quelques cours de chant lyrique en cours particulier. Ceux ci m'ont beaucoup aidé à comprendre comment mieux utiliser mon corps pour m'exprimer à travers le chant. Bref, le travail, voici comment acquérir un bon niveau au chant, et j'ai encore énormément de travail, surtout pour le live où la il faut réussir à mêler jeu de scène et justesse niveau vocal. Il faut aussi être passionné, et avec DoD je le suis. On a envie de réussir, et on s'en donne les moyens. Et il y a aussi l'interprétation, c'est un point auquel on ne pense pas et qui pourtant est très important. J'ai beaucoup travaillé l'interprétation avec DJP (batteur d'AnachroniA) qui s'est occupé de l'enregistrement et arrangements de notre EP, et qui m'a aidé a progressé à ce niveau là.

Comment juges-tu l'évolution du groupe entre la démo éponyme et "Outside the Shade"?
Notre musique est devenue bien plus personnelle. Nous avons cherché à mettre en avant la dynamique et les émotions afin que le public soit plus proche du groupe. On retrouve un son bien plus brut sur cet EP, plus mature aussi, et nous en sommes très fiers. Nous travaillons d'ailleurs depuis plusieurs mois sur les morceaux qui composeront l'album.

A l'écoute de l'EP on sent que chaque instrument apporte sa pierre à l'édifice. Comment s'est déroulé le processus d'écriture?
Cela commence par la composition de la guitare qui pose la base du morceau et du plan de celui-ci. Partant d'une émotion le plus souvent. En partageant cet état d'esprit avec les autres membres du groupe, la batterie et la basse viennent placer la section rythmique afin de donner une dynamique au morceau et améliorer l'harmonie de celui-ci. Chacun parviens à s'exprimer librement et entièrement sans toute fois envahir l'espace de l'autre, je pense que c'est ça le secret.

Le titre de l'EP a une signification particulière? Vous pensez passez de l'ombre à la lumière grâce à celui-ci ?
Ce passage, comme le nom du groupe, est une métaphore. Pas celle d'un passage vers la célébrité mais tout simplement celle d'une maturité par rapport à la démo. Nous avons trouvé notre marque, notre voie. Comme si le chemin s'était éclairé après les quelques changements de line-up que nous avons vécu et les remises en question. Bien sûr, nous espérons réussir, il n'y a pas de doute ! :)

Le synthé a disparu sur "Outside the Shade", pourquoi ce choix?
Tout simplement car celui-ci s'est révélé inutile à notre goût. En effet aucun de nous n'écoute de métal avec un clavier, ou alors très peu présent. Et celui-ci ne nous permettait pas d'obtenir ce son brut que nous recherchions. Déjà lors de la démo celui-ci n'était pas omniprésent car à l'époque déjà nous hésitions sur sa réelle utilité dans notre musique.

"Men Blunder" était déjà présent sur la démo, pourquoi l'avoir réenregistré sur l'EP?
Il s'agissait sur la démo d'un des titres qui souffrait de faiblesses particulièrement sur son refrain. Après l'arrivée de Johan, nous avons retravaillé les titres de la démo pour mieux les intégrer au nouveau set. Le résultat pour Men blunder nous a tellement semblé plus en accord avec DoD que nous avons souhaité présenter ce " nouveau " morceau.


Peux-tu nous en dire un peu plus sur le contenu de chaque titre:

- Outside the Shade
C'est l'introduction de l'Ep : une ambiance sombre et électro, avec des sonorités inquiétantes mais qui laissent deviner une lueur timide à travers l'obscurité.

- Without Beauty
Un morceau puissant dès le début, le chant est plutôt doux et mélancolique, voix narrées. Une batterie percutante, un ensemble très efficace.

- Men Blunder
Ce titre était présent sur la démo. Mais il a bien changé, il est maintenant beaucoup plus péchu, plus rentre dedans. Le chant est sombre, plus affirmé. Quelques growls sont présents.

- Storm
Storm semble être le titre préféré d'après les premiers avis. Très sombre, démarrant en crescendo, un rythme de batterie accrocheur. Un chant puissant et doux à la fois, exprimant la colère et la faiblesse à la fois. Morceau très mélodique au niveau de la guitare, changements de rythmes... Le morceau s'achève sur une battante, des coups de tonnerre et un dernier riff très puissant.

- Unbreakable
Ce titre est plus atmosphérique, mais très énergique aussi. Il alterne entre douces envolées et gros riffs de guitare. Le son est très lourd, puissant et planant. Moins agressif que le dernier morceau.

- The Other Side
Une intro très heavy, ainsi que le couplet. Un moment calme avant d'entrer dans un refrain ou les instruments se déchainent, accompagné d'un chant lyrique jouant sur le contraste de deux mondes bien différents : la réalité et le rêve d'un monde parfait. La réalité prend le dessus peu à peu et achève le morceau en douceur.


La pochette de l'album est vraiment réussie autant que la production de l'EP, qui doit-on remercier et comment s'est déroulé l'enregistrement?
La pochette de l'EP a été réalisée par Oraku Design (Markize, Whyzdom, Kells...) : http://www.orakudesign.com . Il fait vraiment du très bon boulot, on le remercie encore pour cette magnifique prochette ! L'enregistrement avec DJP a été un vrai moment de plaisir. Il a réussit à cerner notre univers et nos attentes afin de nous aider à donner le meilleur de nous même. Nous avons ainsi retravaillé certains titres en les améliorant lors du studio. DJP est très professionnel et n'a pas son pareil pour détendre l'atmosphère quand le besoin s'en fait sentir !

Diary of Destruction sur les planches, ça donne quoi?
C'est à notre public qu'il faudrait poser la question ! (sourire) En tout cas, nous, on s'éclate ! Et on donne tout ce qu'on a. Et je pense que ça se ressent.

Il y a certains titres qui vous font vraiment transpirer à retranscrire en live?
Tous en fait, on apporte énormément d'importance au jeu de scène. Alors on transpire beaucoup (rires) et tout les morceaux demandent autant d'énergie les uns que les autres.

Quelle est ta meilleure expérience de concert et tu as surement quelques anecdotes croustillantes à nous donner?
Mon tout premier concert est un très bon souvenir, et une très bonne expérience. J'avais 16 ans, j'étais plus jeune et inconsciente (rires) et monter sur scène était beaucoup moins stressant qu'aujourd'hui. C'était plus un jeu qu'autre chose, aujourd'hui, un concert est une étape importante vers un probable succès. Mais la meilleure expérience, c'était à L'igelrock à Valenciennes, en mai 2010. Une scène superbe, un très bon accueil des gérants de la Péniche, ainsi que du public. Et nos amis d'AnachroniA avec qui nous partagions l'affiche, bref, Une date inoubliable ! Anecdotes croustillantes? Les nombreuses fois ou on manque de s'étaler sur la scène à cause des câble (rires), Anthony qui pète sa corde en plein concert, Johan qui fait des lancés de baguettes incontrôlés (rires) plein de bons souvenirs !

Le metal mélodique lillois est plutôt bien représenté avec des groupes comme Anachronia, HeoNiA et maintenant Diary of Destruction. Mais comment se porte la scène metal lilloise dans sa globalité ? Peux-tu nous conseiller quelques groupes locaux?
La scène du Nord se bouge énormément. Nous apprécions énormément les groupes AnachroniA et HeoNia qui nous accompagnent depuis nos débuts. Mais la scène métal Lilloise est particulièrement variée et regorge de groupes talentueux comme Aone qui vaut vraiment le détour, en disque comme en live.

Vos agendas doivent être surbookés entre les concerts, la promotion et la recherche d'un label? Comment se déroule toutes ses étapes?
Oui, on a un emploi du temps très chargé en ce moment. On se partage les tâches, c'est un travail d'équipe ! Bizarrement, on s'en sort mieux maintenant que lorsqu'on était à 6 (rires), tout simplement parce-que tout le monde met la main à la pâte, on se voit souvent pour faire le point, on communique beaucoup et on est tous hyper motivés pour y arriver.

Vous avez votre propre site internet et on vous trouve aussi sur Myspace, Facebook, Twitter ou encore LastFM. La communication par le web est devenue obligatoire selon toi et quel est ton rapport avec le net?
Ainsi que Metalship, Bebo, Jamendo, Spirit of Metal, Pure Volume, Skyrock...et bien d'autres (sourire) Oui c'est indispensable, si on en est là aujourd'hui c'est en grande partie grace à notre présence sur le web. C'est moi qui gère en grande partie la communication sur le net. Anthony se charge de la communication avec les groupes, asso, labels... Et les autres membres du groupe font de la promo sur facebook et twitter qui sont devenus des outils très utiles ces derniers temps.

Je vais t'épargner plusieurs questions " à la con " pour ne t'en poser qu'une seule : Quand on est une femme et que l'on fait du métal mélodique on est obligé de porter des jolies robes? (attention j'ai vu les photos promos !)
(rires) Non, ce n'est pas une obligation. Mais j'aime bien porter des jolies robes sur les photos de promos, ce qui n'est d'ailleurs pas le cas en concert.. Je porte très rarement des robes en fait, je suis tout le temps en pantalon. Les séances photos, c'est donc l'occasion (rires).

Merci pour tes réponses et comme je suis quelqu'un de courtois je te laisse le mot de la fin.
Merci pour cette interview, merci à tous ceux qui nous soutiennent ! Et à très bientôt en concert !!!




Liens :

La chronique de "Outside the Shade"
Myspace de Diary of Destruction




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