Interview de Zed - Chanteur de Housebound

Réalisée le 11/10/2010 par Olivier


Bonjour Zed, toujours et encore la même première question, peux-tu nous présenter HouseBound?
Housebound s’est formé il y a une dizaine d’années. 2 démos sorties avant le premier album, « On a daily basis… », en 2006, et cette année, le 2ème, divisé en 2 parties, « Winter blow » sorti en juin, et « Summer swing », qui ne devrait plus trop tarder.

"On a Daily Basis", votre précédent EP avait pour particularité d'avoir une numérotation horaire des titres. Cette fois-ci vous sortez deux albums de 6 titres (Winter Blow au printemps et Summer Swing l'automne prochain). Vous ressentez un besoin permanent d'être original?
Dans la mesure du possible, et si ça ne nous transforme pas en petits cons qui pètent plus haut que leur cul, je vois pas pourquoi on s’en priverait. Non pas dans le but fallacieux d’attirer le chaland à tout prix, mais juste pour faire avancer un peu le truc, à notre manière. Je sais pas, si depuis les premiers albums le métal s’était pas régulièrement ré-inventé via quelques groupes, chansons ou pochettes d’albums un peu « déviants » par rapport à tous les clichés (et ils sont nombreux) qui existent dans ce milieu, ce serait devenu franchement chiant à la longue, non ?

Une journée, deux saisons, le temps (ou le manque de temps) est-il une préoccupation du groupe ?
Question intéressante… Sans doute, ouais, mais ça doit être complétement inconscient.
On a tous vachement, vachement peur de mourir…

Quel a été le processus de création de Winter Blow, et comment s'est déroulé sa mise en boîte?
On a eu un peu de mal à se mettre dans le bain, parce qu’après la sortie d’ « On a daily basis… » on a pas mal tourné, et quand ça s’est calmé, on a pris du temps pour retrouver nos esprits et se remettre au boulot. Mais tout s’est très vite accéléré quand notre nouveau bassiste, Jul, a intégré le groupe. L’essentiel de la compo s’est étalé sur les 6 mois précédents l’enregistrement.

Le visuel de Winter Blow est réussi mais ne dévoile en rien le contenu du skeud, qu'avez-vous voulu faire passer?
Rien de particulier, à par une sorte de délire qu’on s’est tapé quand on en est venu justement à réfléchir au visuel des 2 parties qui composerait ce second album. En fait, y’a pas de signification « métaphysique transcendantale » particulière, juste un trip sur les collec’ biannuelles de prêt-à-porter, pour marquer l’idée des 2 skeuds qui n’en forment qu’un.

Justement, le visuel, vos tenus sur les photos de presse, l'aspect esthétique a une importance particulière pour vous?
Pas vraiment. C’est même la première fois qu’on s’est adonné à une séance de shooting un peu « pro », même si on l’a fait en famille, avec un pote photographe. Disons que sur ce coup on a justement voulu un peu se moquer de tout ça, mais pour le faire bien, il a précisément fallu se prêter au jeu. Mais tout ça c’est juste un délire, à prendre franchement au second degré…

Et les titres? Un petit track par track s'impose, peux-tu nous en dire un peu plus sur les différents morceaux?
- Hawks & Doves: c’est parti d’un trip assez prog’, tout s’est bâti autour de la montée très calme, vers les 2/3 du morceau. Le titre reprend une expression très usitée dans la presse ricaine ; le combat permanent entre bellicistes et modérés, ou le difficile exercice de la démocratie.
- Good to Go: le titre le plus punk sans doute. Sur la dépression, et tous ces êtres bien intentionnés qui t’abandonnent au bout de quelques jours et t’enfoncent quand ta « convalescence » ne va pas assez vite… pour eux.
- Speak Less, Say More: sur la schizophrénie alcoolique.
- The Great Society: le premier composésur les 6. Sur la théorie des cycles de Kondratieff, ou les hauts et les bas d’une société. Et puis aussi une petite dédicace à mon vieux pote LBJ.
- Channel #5: le morceau le plus rock’n roll, je dirais. Une histoire de sexe, de cul, de baise.. et d’un peu d’alcool quand même.
- Dear Whoever: Un p’tit délire des familles, qu’on a terminé quelques jours à peine avant la session studio. C’est très prog’, même si on est définitivement un groupe plutôt barré post-hardcore, on a tous toujours aimé les trucs atmosphériques, on en joue pour contre-balancer un peu notre musique. Pour le texte, c’est parti d’un trip sur les spams, les virus informatiques et toutes les personnes « bien intentionnées » que tu peux rencontrer dans ta correspondance web. Ou autre…

Les titres sont extrêmement variés et on ressent une envie permanente de rentrer dedans... Housebound est vraiment énervé?
Je sais pas… Venez nous voir en concert !

A l'écoute de l'album je me doute que chaque membre du groupe a ses propres influences, peux-tu nous dire qu'elles sont-elles ?
Je comprends qu’on nous pose ce genre de question, mais c’est difficile d’y répondre, d’autant plus que tu me demandes de me prononcer pour les autres, et ja’i pas envie de me faire brailler dessus s’il m’arrivait d’oublier le groupe fétiche d’un des gars… c’est une vaste question, et nos influences sont nombreuses, pour schématiser, ça va du métal et toute la scène heavy rock des années 90 au speed-punk, en passant par le hardcore (old-school, new-school, happy-school, mathcore, post-core, fruit-core, j’sais pas c’que c’est mais c’est nouveau c’est du cool-core), le sludge, la fusion à papa, le rock psyché, le rap, le blues, le stoner, le trip-hop, le jazz, et bien sûr l’euro-dance (on habite à côté de l’Allemagne, faut nous excuser). Et beaucoup, beaucoup de crab-core !!


Et Summer Swing dans tout ça, les délais vont être respectés?
Aaaahhh, la question à 10 000 ; ça se décale de quelques semaines, une histoire de disponibilité de studio, mais ça sortira encore cet hiver.

Comment avez-vous géré la promotion de Winter Blow et en parallèle la conception de Summer Swing ?
Pour la conception de tout l’art-work, et de la zik en elle-même évidemment, c’est l’affaire du groupe. Pour tout le reste, management, booking etc, c’est notre label home-made qui s’en occupe, Dirty8. Du coup, pour la promo c’est Eric qui s’en occupe (Absurdity 1st L.P. coming soon !!), ça se passe très bien. Je pense qu’on fera d’avantage de concerts pour promouvoir l’album complet quand « Summer swing » sera sorti. Donc une probable tournée d’ici le printemps prochain…

Les concerts ! A quoi doit-on s'attendre de Housebound sur les planches?
On nous dit souvent que c’est très spontané. Une manière polie de nous dire que c’est un gros bordel. On aime énormément la scène, on compose essentiellement dans ce but, parce que la musique ne vit jamais aussi bien qu’en live. Du coup on est pas trop du genre à calculer ou à poser un set préparer dans le détail, non pas qu’on s’en fout ou qu’on ne veut pas fournir cet effort, mais plutôt pour privilégier l’aspect brut, direct et violent de nos titres. On a de toute façon préféré les prestations live où les groupes se lâchent, hors de contrôle, plutôt que les shows un peu tendus du string.

Vous êtes originaires de Strasbourg, comment se porte votre scène locale (désolé mais je suis plein Ouest!)?
Ma foi très bien. Un paquet de groupes, et des assos très actives à droite à gauche. On m’excusera de ne pas les citer, mais je reconnais ne pas connaître tout le monde, parfois les plus talentueux. Commencez par faire un tour sur www.dirty8.com !

Si je ne me trompe pas vous avez des relations privilégiées en Hongrie, pourquoi ce pays et quelles sont les différentes actions qui sont menées?
On a rencontré les mecs de Superbutt y’a un paquet d’années maintenant, avec qui on est devenu très amis et beaucoup tourné un peu partout en Europe. Quand on a commencé à évoquer l’idée d’enregistrer notre 1er album, les gars nous ont proposé de venir le mettre en boîte chez eux, à Budapest. Vu la qualité du son de à peu prés tous leurs albums, et le dynamisme de la scène hongroise, on s’est dit pourquoi pas, et c’est comme ça qu’on s’est retrouvé chez Zoli Varga et son Bakery studio. Depuis s’est installé une amitié et un partenariat solides, et on est plus qu’impatient d’y retourner. Budapest est une ville fantastique, pour le meilleur et pour le pire… !

Une dernière petite question: peux-tu nous présenter Dirty8 ? Tu penses qu'il faut être adepte du DIY (Do It Yourself) pour que les choses bougent réellement ?
Dirty8 s’est crée il y a un peu plus de 10 ans maintenant, c’est parti d’un simple collectif qui se transformé en asso, puis en label de management-booking-promo de groupes. C’est une grande famille qui réunit des groupes (Housebound, S-Core, X-Vision, Superbutt, sans oublier les défunts Sikh, Skull, Botch Up) qui se connaissaient pour la plupart avant même d’envisager d’enregistrer ne serait-ce qu’une démo.
Mais pour t’en parler, le mieux placé et le plus concerné serait sans doute Julien, Dirty8 c’est son bébé, c’est lui qui fait tourner la machine.
Pour ce qui est du DIY, c’est ce qu’on pensait tous il y’a quelques années de ça. Quand on était ados, des labels comme Epitaph (avant Offspring), Fat wreck chords, ou bien Sriracha en France nous ont montré la voie, une sorte d’idéal. Mais ça c’était l’époque où les disques se vendait encore en masse, majors ou indé. Aujourd’hui tout est très différent, et faire un peu de business là-dedans, sans pour autant avoir l’intention de s’acheter un yacht façon Bolloré, ça relève de l’utopie. Ou bien de beaucoup de travail et d’un peu de chance..

Merci beaucoup d'avoir pris de ton temps pour nous répondre. Félicitation pour Winter Blow et en attendant avec impatience Summer Swing, je te laisse le mot de la fin.
« Summer swing » est sur les rails, ça sortira avec un peu de retard, mais cet hiver encore, alors restez connectés ! Merci pour l’interview et longue vie au Chant du Grillon !





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